[Chronique] Justin Timberlake – The 20/20 Experience

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2013 semble placé sous le signe du come back musical : Bowie, Daft Punk, 50 Cent et un certain Justin Timberlake. Presque 7 ans après le succès planétaire de FutureSex/Lovesounds, JT revient avec son 3e album, The 20/20 Experience. Mais que peut-on attendre de ce nouveau disque, quel style musical ? Va-t-on retrouver l’electro pop de FutureSex/Lovesounds ou le R&B de Justified ?

The 20/20 Experience est un défi pour l’artiste,  l’a t-il réussi ?

Un Album Intemporel 

Le dernier album de JT remontait à 7 ans, autant dire une éternité. (Faf La Rage et Diam’s peuvent en témoigner). Difficile donc de savoir à quoi s’attendre de ce nouvel album.

Timberlake a voulu faire de The 20/20 Experience, un album hors du temps et totalement différent de ce qu’on peut trouver actuellement dans le R&B. Il définit cet album comme « It’s music that you can see », allant jusqu’à s’ériger en ophtalmologiste sur la cover de l’album.

Tout comme ce fut le cas pour FutureSex/Lovesouds, The 20/20 Experience est un album-concept : 7 chansons sur les 10 présentes sur l’album, dépassent les 7 minutes et sont constitué en 2 parties pour la grande majorité.Très audacieux, ce concept est pourtant repris par peu d’artistes actuels tel que The Weeknd, Kanye West sur My Beautiful Dark Twisted Fantasy ou encore sur Good Kid , M.A.A.D City de Kendrick Lamar.

Pour répondre face aux critiques, Timberlake déclare sur la radio britannique, Capital Fm « If Pink Floyd and Led Zeppelin can do 10-minute songs and Queen can do 10-minute songs then why can’t we? ».

Pour certains, The 20/20 Experience traîne en longueur. En effet, il est différent de la machine à hits que fût FutureSex/Lovesounds (Sexyback, My Love, LoveStoned, Summer Love ou encore What Goes Around, Comes Around), car plus complexe dans sa contruction et dans ses instru. De plus extrêmement homogène, il est difficile d’en faire ressortir une chanson à la première écoute,  c’est un album s’appréciant sur la longueur tel un bon disque de jazz.

Une Intro Jazzy

L’album s’ouvre les violons de Pusher Love Girl, tout en légèreté avec une première partie très soul rétro, nous rappelant les crooners des 50’s tels que Dean Martin ou Sinatra. La deuxième partie de la chanson, nous montre une prod à la The Neptunes début 2000 où Timberlake compare son amour à certaines drogues addictive.  « heroin, cocaine, plum wine, MDMA, nicotine, weed (blue dream, hydroponic, chronic) »

Arrive ensuite Suit & Tie, le single de l’album. Accompagné par Jay-Z (son seul featuring de l’album), le morceau est jazzy et le refrain efficace. Timberlake n’est plus en séduction comme auparavant (Sexyback) mais tout en élégance et en retenue. Oui il est possible de faire un single sans de grosses basses clubbing ou de techno inutiles.

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La partie expérimentale

On passe ensuite à la partie expérimentale de l’album avec Don’t Hold The Wall, Strawberry Bubblegum, Tunnel Vision et Spaceship Coupe. Ces 3 dernières chansons sont notamment le moment fort de l’album.

Les instrus de Timbaland en two-part breakdown sont particulièrement réussies dans cet partie de l’album. Dans Don’t Hold The Wall : on passe d’une instru inspirée de chants orientales à une électro pop agrémentée de basses Hip-Hop.

Strawberry Bubblegum est l’un des bijoux de l’album, certes c’est  une love song à la Timberlake : « Cause she’s just like nothing, That I ever seen before, Baby please dont change nothing, Because your flavours so original » mais la voix de JT est parfaite à la fois rythmée et sensuelle, de la mélancolie à une bossa nova, relaxante et dansante. La chanson à écouter sur une plage d’été, un cocktail à la main.

Après le coup de coeur Strawberry Bubblegum, on enchaîne sur Tunnel Vision, le morceau le plus « expérimental » de l’album. La présence de Timbaland sur les refrains rend le morceau plus menaçant, le R&B cassant l’ambiance un peu trop relax et jazzy de l’album. De Beat box ( « Zoom, Zoom, zoom, zoom ») aux violons, on sait jamais comment Tunnel Vision va se terminer et étonne l’auditeur tout au long de son écoute. Sur cette chanson, on retrouve une instru proche ce que l’on pouvait trouver sur FutureSex/Lovesounds

Spaceship Coupe reste dans la ligne directrice de l’album : c’est à dire une love song sur une instru hip-hop que n’aurait pas renié un certain Killer Mike.

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Place au Groove

That Girl nous fait rappeler l’ambiance jazzy présente au début de l’album et nous sort du trio expérimental Strawberry Bubblegum/Tunnel vision/ Spaceship Coupe. Cependant la chanson est poussive et on aurait aimé plus de dynamisme avant d’attaquer la dernière partie de l’album. La chanson Dress On présente dans les bonus aurait été parfaite avec notamment la présence d’un couplet rap de Timbaland pour redynamiser l’album.

Place ensuite à la Funk de Let The Groove Get In. Dès les premières notes, le morceau envoie des good vibes. Non on vous rassure, vous n’avez pas changé d’album pour mettre Wanna Be Startin Somethin’ de Michael Jackson. A la fois énergique et complètement extravagant, Let The Groove Get In est un morceau festif et funky à souhait. Tout y passe : chants Afro Latino, basses à la Timbaland ou encore Orchestre Jazz qui rappelle la Nouvelle Orleans. Sans oublier un refrain entêtant qui prendra place directement dans votre esprit.

« Are you comfortable right there, right there?
Let the groove get in there, there, right there »

Mirrors et Blue Ocean Floor concluent cet album sur une note mélancolique. Pour Mirrors, deuxième single de l’album,  la chanson n’est pas sans rappeler Cry Me River même si avec cette balade sentimentale de 8 minutes, on se laisse emporter par l’aisance vocale de Timberlake.

Telle une performance live, il tire le maximum de cette chanson. On aurait aimé que celle-ci conclut l’album, car Blue Ocean Floor traîne en longueur et reste en dessous des autres chansons de l’album. (N’est pas Marvin Gaye qui veut).

Conclusion : Le pari est réussi pour JT. Il a sût s’adapter au nouveaux codes de l’industrie musicale sans perdre son identité musicale et en gardant une production qui a fait ses preuves (Timbaland, les formats allongés des chansons, peu de featuring). Le disque ne fera pas l’unanimité car non porté par des tubes comme l’étaient Rock Your Body ou SexyBack, mais ce n’est apparement pas le but recherché. 

The 20/20 Experience est un disque solide qui permet à Justin Timberlake de faire un come back musical plus que réussi, là où beaucoup d’excellents artistes ont échoués.

Chansons Clés : Suit & Tie, Strawberry Bubbleggum, Tunnel Vision, Let The Groove Get In, Mirrors.

Note Ponctuations : 8/10

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